SIDI ALI BENSAID

SIDI ALI-BENSAÏD

 

A cent pas en avant de Bab-el-Gharbi (porte de l’Ouest ksar El-Ghassoul) s’élève la koubba de l’ouali Sidi Ali-BenSaïd, le saint fondateur du ksar, et son puissant protecteur.

 Sidi Ali fut un de ces marabouts missionnaires qui se répandirent dans la partie de l’Algérie, soit pour y porter la parole de Dieu, soit, en s’introduisant dans les ksours  du Sahra, pour y recruter des khouan à l’ordre de Sidi Abd-el-Kader-Et-Djilani.

 Sidi Ali faisait partie des premiers groupes partis de Saguiet-El-Hamra ; sa zone de prédication était cette partie mamelonnée du Sahra qui est au sud du Djebel-Ksal. La mission du saint homme était aussi d’agir sur les tribus nomades qui avaient leurs terres de parcours dans ces parages, et qui emmagasinent dans les ksour qui en sont voisins.

 Après avoir parcouru la région dans laquelle il devait opérer, le saint marabout se fixa définitivement sur un ruisseau qui était connu sous le nom d’oued El-Ghassoul , Ce point plut au saint, et il y établit sa kheloua. Sidi Ali n’avait pas tardé à édifier les Nomades par l’austérité de sa vie, par sa science et par son ardente piété.

 Ils ne se lassaient pas d’écouter sa parole sacrée, bien que, pourtant, il prêchât à ces bédouins la vertu et le retour aux pratiques religieuses qu’ils avaient presque entièrement oubliées. Plus tard, quelques miracles opérés par le saint lui mirent ces populations dans la main, car elles sentaient bien qu’elles avaient tout à gagner avec un ouali qui avait à ce point l’oreille de Dieu.

 

Sidi Ali ayant manifesté l’intention de se marier, tous les Ouled-Moumen qui possédaient des filles à peu prés d’âge à faire des femmes vinrent lui faire leurs offres de services ; il est de fait que d’avoir pour gendre un saint de cette valeur ne pouvait être qu’une bonne affaire pour les pères qui seraient assez heureux pour voir accepter leurs filles par le puissant marabout. Comme ces pères désintéressés n’exigeaient pas de dot de Sidi Ali, il profita de l’occasion pour se constituer sans retard son harim réglementaire, c’est-à-dire les quatre femmes légales. Pour décider le saint homme à se fixer tout à fait sur l’oued El-Ghassoul et lui ôter toute envie ultérieure de quitter le pays, les Ouled-moumen lui firent élever une maison sur l’emplacement même de sa kheloua.

Le ksar d’El-Ghassoul était fondé. Sidi Ali s’occupa sérieusement de se constituer une descendance, et, tous les dix huit mois l’un dans l’autre, il voyait sa maison s’accroître de quatre héritiers.

 Au bout de quelques années, il comptait une très respectable postérité, laquelle, en s’alliant aux Bni-Zeroual et aux El-Aghouat-Ksel, finit par constituer une fraction religieuse considérable, qui s’était groupée autour de son saint parent.

 Avant sa mort, la saint put admirer son oeuvre et en louer Dieu : plus de cinquante maisons bâties en mottes de terre séchées au soleil s’élevaient en amphithéâtre sur la rive gauche de l’oued El-Ghassoul ; une muraille d’enceinte défendait le ksar entra les tentatives et tentatives des écumeurs du désert, des Zagdou particulièrement, ces pirates du Sahra occidental, Tant que vécut la saint, ces affreux sacripants n’osèrent rien tenter contre El-Ghassoul : ils savaient trop bien qu’ils ne pouvaient rien contre un saint qui disposait de tout l’arsenal de destruction du Dieu unique.

Enfin,  à la tête d’une descendance aussi nombreuse que celle qui fut promise au patriarche Sidna Ibrahim , Sidi Ali fut rendu à la terre dont il avait  été formé. Une koubba fut élevée sur son tombeau à proximité  du point où le saint avait vécu de la vie érémitique à  son arrivée dans le pays, et les gens d’El-ghassoul la blanchissent annuellement à la chaux quelques jours avant la grande Ziara  au tombeau du saint, lequel n’a point cessé de s’occuper activement des intérêts de sa descendance et de ses serviteurs religieux.

 Un jour surtout, il en donna une preuve manifeste et décisive.

 

Les Zegdou, qui, pendant la vie de Sidi Ali, n’avaient point osé tenter quoi que ce soit sur le ksar, crurent qu’ils n’avaient plus à se gêner avec les gens d’El-Ghassoul, qui passaient, à bon droit, pour être fort à leur aise ; ces terribles ennemis se présentent donc inopinément, dès le point du jour, devant le ksar, qu’ils investissent d’abord afin de n’en laisser s’échapper âme qui vive ; ils étaient tellement nombreux qu’ils en couvraient le pays jusqu’à l’horizon, c’est-à-dire aussi loin qua le regard pût s’étendre. Ils ne doutaient pas que cette riche proie ne tombât entre leurs mains maudites,et déjà ils se partageaient par la pensée l’opulente dépouille des Oulad-El-Ghassoul et des Oulad-Moumen qui emmagasinaient dans le ksar, et ils s’en pourléchaient les babines.

Bien qu’ils comptassent un peu sur leur ancêtre, les assiégés n’étaient cependant pas tout à fait à leur aise : car il y avait quelque temps déjà que le saint n’avait fait de miracles, et,peut-être, avait-il oublié ses enfants.

Tout à coup, et à un signal donné par le chef de ces bandits, ils se ruent à l’attaque du ksar dans la direction de la face ouest, c’est-à-dire du côté où s’élève la koubba de Sidi Ali, qu’ils semblent vouloir défier, ces impies fils d’impies. C’est une houle hurlante et grimaçante de maudits blasphémant Dieu et ses saints, et avides de sang et de butin.

Quelques-uns seulement, les chefs de ces hordes,sont armés du fusil à mèche un certain nombre brandissaient des mzareg, espèce de javelines dont ils se servaient habituellement comme de lances.

 Quant aux gens d’El-Ghassoul, ils avaient préparé, pour la défense de leurs murailles, de l’eau bouillante et du sable chauffé à une température très élevée qu’ils se disposaient à verser ou à répandre sur les assaillants au moment où ils tenteraient l’assaut des murailles. Hommes, femmes, enfants en couronnaient le sommet, et les guerriers les plus jeunes et les plus braves étaient chargés de la défense des deux portes de l’est et de l’ouest, ainsi que de quelques brèches qu’on avait négligé de réparer. Les descendants de Sidi Ali-BenSaïd, comme on leur supposait plus d’influence qu’à tous autres sur leur saint ancêtre, furent chargés de le prier de venir au secours de ses serviteurs.

 

Il était temps, car les Zegdou allaient arriver à hauteur de la koubba du saint marabouts ; ils semblaient une fourmilière, tant ils étaient nombreux, et ils commençaient à insulter les assiégés, qui leur répondaient par des malédictions.

Mais, ô prodige ! au moment où ces réprouvés n’étaient plus qu’à quelques pas du pied de la muraille, et alors qu’ils croyaient toucher au but, une colonne de feu jaillit en sifflant du tombeau du saint marabout, se précipita comme un torrent au milieu des Zegdou, qui, bientôt enveloppés par les flammes, ne formaient plus qu’un immense brasier alimenté par leur peau et leurs bernons graisseux, et d’où s’exhalait une odeur fétide de chair et de laine brûlées. Les gens d’El-Ghassoul pouvaient apercevoir leurs ennemis se livrant à d’horribles contorsions dans leur enveloppe de feu, et goûtant par avance des supplices de l’Enfer, auquel ils étaient d’ailleurs destinés. Les hurlements qu’ils poussaient, mêlés aux crépitations des flammes, formaient un concert horriblement étrange et plein d’une terrifiante grandeur ; chaque homme était une torche qui flambait, et que le vent, qui faisait rage, courbait violemment, luttant ainsi la communication dans cette masse rôtissante, dans ce brasier infernal de corps humains en combustion. Quelques uns de ces Zegdou, qui étaient parvenus à s’échapper du gouffre de flammes dans lequel ils étaient plongés, cherchèrent à s’enfuir dans la direction de leurs campements ; mais, atteints par les langues de feu qui les poursuivaient, ils ne réussirent qu’à communiquer l’incendie à leurs tentes, qui, en un clin d’oeil, furent entièrement consumées.

Les Ouled-El-Ghassoul se mirent à louer Dieu et leur saint patron du secours inespéré qu’il leur avait apporté dans cette circonstance difficile, et ils se félicitèrent hautement d’en être quittes à si bon marché ; car, en définitive, le seul désagrément dont ils auraient pu avoir à se plaindre, c’était celui d’être infectés pendant plus ou moins longtemps surtout quand le vent soufflait de l’ouest, par l’atroce odeur qui se dégageait des corps de ces Zegdou, bien que pourtant ils fussent calcinés jusqu’aux os. Mais, en résumé, ils préféraient de beaucoup les voir en cet état que de les sentir vivants et affamés de butin, du leur surtout.

 Voulant reconnaître solennellement l’immense service que leur avait rendu Sidi Ali-Bou-Sâïd, leur saint patron et protecteur, les gens d’El-Ghassoul et les Nomades qui déposaient leurs biens dans ce ksar décidèrent à l’unanimité que la koubba de l’ouali serait blanchie extraordinairement au lait de chaux, bien qu’il n’y eût pas encore un an révolu que cette opération avait été faite. Quoique leur saint, de son vivant, n’aimât ni le gaspillage, ni la prodigalité, ils supposèrent que, pour cette fois et en raison de la circonstance, il leur pardonnerait leur somptuosité.

Quant aux Zegdou, cette leçon leur avait suffi sans doute, car jamais ils ne revinrent se frotter au ksar El-Ghassoul

 

 

Nota

           Qui sont " les Zegdou:              

On donne le nom de Zegdou aux contingents des tribus du sud marocain, Douï-Méneï, Eumour, Oulad-Djerir, Bni-Gull, qui se réunissaient pour faire dans l’Est des incursions qu’ils ont souvent poussées jusqu’au pied du Djebel-El-Amour

 

* Les anciennes photos ici présentes n'ont aucun lien avec la rubrique

                                      

                                    Rubrique &ditée le 29 Mars 2008                                          

 

 

 

 

         Le Ksar du Saint Sidi Ali Bensaid ( El-Ghassoul )

              Vu avec mon appareil Photos

            ( Cliquez sur start over tout en bas pour visualiser quelques photos  du ksar)


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Commentaire (1)

1. ahmed Le 30/03/2008 à 01:11

سلام على عباد اله الصالحين وجعلنا من اتباعهم
صور رائعة وموضوع اروع عن قرية كانت منسية وعن تراث نفضت عنه الغبار
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Dernière mise à jour de cette rubrique le 26/07/2008
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