LES OULED SID CHEIKH
La tribu des Oulad-Sîdî-ech-Chîkh se divise en Cheraga (de l’est) et en ghraba (de l’ouest) ; elle habite, en partie, El-Abiodh- Sid-ech-Cheikh , la ville sainte du Sahara. C’est au centre des cinq q’sour qui la composent que repose, sous une gracieuse qoubba, le saint ancêtre de Sidi Hamza, l’illustre Sîdî Ech-Chîkh, le fondateur de la plus solide influence religieuse existant dans la province d’Oran , en effet, plein de son nom ; la tradition nous a conservé tous ses faits et gestes, et, à chaque pas, la crédulité arabe nous montre des témoins du passage du saint marabout sur cette terre : ainsi à quatre lieues sud du bordj de Géryville, nous trouvons la Khelouet Sîdî Ech-Chîkh, caverne creusée au sommet d’un mamelon rocheux isolé, où Sîdî Ech-Chîkh venait se recueillir et prier ; à quelques kilomètres plus loin, nous allons boire à l’A’ïn la chamelle de loin pour rendre les derniers devoirs à celui que Dieu venait d’appeler à lui. Après avoir marché pendant tout le jour dans la direction du sud, la chamelle s’arrêta et s’accroupit non loin du lieu où Sidi Ech-Chîkh était venu souvent se recueillir et prier. Les Stîteniens, sachant qu’il n’y avait pas d’eau dans les environs, furent fort embarrassés pour satisfaire à la première partie des désirs du saint homme. Ils se consultèrent, et décidèrent à l’unanimité qu’il fallait inviter, en y mettant des formes, la chamelle à se lever et à pousser jusqu’au Kheneg-Bou-Djelâl, où ils trouveraient, infailliblement, de l’eau dans quelque anfractuosité de rocher. Malgré les exhor
-el-Mar’sel-Sid Ech-Chîkh,où le corps du saint fut lavé après sa mort. La tradition rapporte ainsi le fait qui a valu au Magh’sel la célébrité dont il jouit : Sîdî Ech-Chîkh termina sa vie à Stîten, qs’eur situé à cinq lieues à l’est du Bordj que nous venons de citer. Sentant approcher sa fin scrivit à ceux qui l’entouraient de placer son corps, dès qu’il aurait exhalé son dernier soupir, sur une chamelle blanche à laquelle ils laisseraient le choix de sa direction. A la première station de la chamelle, on devait laver le corps du saint; à la seconde station, l’enterrer, Les gens de Stîten firent selon la volonté du marabout et cinq d'entre-eux suivèrent
tations les pluspressantes, l’animal ne bougea pas. Persuadé que la chamelle y mettait de l’entêtement, l’un des Stîteniens levait son bâton pour l’en frapper, quand un chacal parut soudain à quelque pas d’elle en jetant un glapissement plaintif que répéta l’écho. Le saint fit, en même temps, un mouvement qui rompit ses liens, et glissa lentement à terre comme s’il y eût été déposé par des mains invisibles. Tout aussitôt le chacal gratta la terre, et il en jaillit une source limpide et abondante,qui, depuis, n’a pas tari. Les témoins de ce miracle virent bien qu’ils avaient eu tort de douter, et ils se mirent en devoir de laver le corps dans les eaux de cette source, qui, pour perpétuer le souvenir de ce prodige, fut appelée source du Mar’sel de Sîdî Ech Chîkh. Les Stîteniens enveloppèrent ensuite le corps du marabout dans ses bernous, et le déposèrent sous un a’r’âr (thuya) pour y passer la nuit, Le lendemain, à l’heure du fedjeur (pointe du jour),la dépouille mortelle de Sidi Ech-Chîkh fut de nouveau chargée sur la chamelle blanche, qui prit, sans hésiter, une direction sud ouest ; elle marcha sans s’arrêter pendant tout le jour et toute la nuit, prenant les meilleurs chemins avec un instinct que ceux qui la suivaient ne se lassaient pas d’admirer. Bien qu’ils fissent la route à pied, nos Stîteniens ne ressentaient aucune fatigue, miracle qu’ils attribuèrent, naturellement, à la vertu de Sîdî Ech-Chîkh. Enfin, vers le d’hor (midi) du second jour, ils arrivèrent chez les Oulîd-Sîdî-ech-Chîkh, au milieu des serviteurs religieux du saint homme. La chamelle s’agenouilla au centre des cinq qs’our ; les cordes qui retenaient sur son dos le précieux fardeau se dénouèrent d’elles-mêmes, et elle le déposa doucement à terre. Les khoddâm de Sîdî Ech- Chîkh accoururent aussitôt ; les gens de Stîten les instruisirent des dernières volontés de leur chef, et leur racontèrent les prodiges dont ils avaient été témoins. Une fosse fut creusée sur le lieu même où la chamelle avait déposé le saint marabout. Le lendemain, aux premiers feux du jour, les Oulâd-Sîdî-ech-Chîkh furent saisis d’admiration quand ils virent qu’une merveilleuse qoubba (celle qu’on voit encore aujourd’hui) avait été élevée, sans le secours de la main de l’homme, sur la tombe du saint.

Le Magh’sel ne se révèle que par une nouâla en ruine chargée d’ex-voto attestant bien plus la piété des Croyants que leur aisance. Les environs d’El-Abîed’-Sîdî-ech-Chîkh surtout sont riches en souvenirs de l’ancêtre de Sîd H’amza : ainsi, en remontant vers le nord, on ne manque pas de vous montrer, sur un point de l’Ouâd-el-Kheloua, l’orifice d’un souterrain (aujourd’hui comblé) qui se serait produit spontanément dans les circonstances suivantes : Sîdî Ech-Chikh, poursuivi par des gens qui en voulaient à ses jours, allait, épuisé, tomber entre leurs mains ; il ne pouvait être sauvé que par l’intervention divine. Il pria Dieu de le tirer de là ; la terre s’entrouvrit soudain sous les pieds du marabout, qui, quelques instants après, en ressortait, à six kilomètres plus loin, au lieu même où, depuis, s’est élevée la qoubba sous laquelle il repose. Quant aux coquins qui le poursuivaient, ils fluent changés en bt’oum. On voit encore ces arbres levant leurs branches vers le ciel, dans l’attitude de stupéfaction qu’ont dû
prendre les persécuteurs de Sîdî Ech-Chîkh quand il disparut à leurs yeux. Plus loin, à Tnîet-ez-Zîâr , on remarque, dans les rochers, des trous que la tradition prétend être l’empreinte des pieds de la jument de Sîdî Ech-Chîkh, bien que Ces traces présentent peu la forme du pied du cheval. A chaque pas, un mqâm vient rappeler
le lieu où le saint marabout s’arrêtait de préférence, soit pour prier, soit pour se reposer. Tout le pays qu’a parcouru Sîdî echchîkh est jalonné de ces points que la piété des Croyants a consacrés. Aussi, comme nous le disions plus haut, Sidi Ech -Chîkh est le plus grand saint du Sud, et sa qoubba est constamment visitée par les musulmans qui, ayant besoin de sa puissante intervention auprès de Dieu, viennent prier et recueillir pieusement une poignée de terre sous son tombeau pour en faire des ,talismans précieux ne manquant jamais leur effet quand la foi est suffisamment robuste. La terre prise sur les lieux consacrés à Sîdî Ech-Chîkh possède, d’ailleurs, des propriétés merveilleuses pour préserver ou guérir les animaux de toutes blessures :
à soixante lieues sud d’El-Abîed’-Sîdî-Ech-Chîkh, sur un, plateau appelé D’ahr-el-Kâfeur (le dos de l’impie), on rencontre
un petit mamelon au sommet duquel se trouve un redjem. Là, une grotte pratiquée dans ce mamelon, et désignée par les Arabes sous le nom de Khelouet-Sîdî-Ech-Chîkh (la solitude de Sidi Ech- Chîkh), rappelle encore le saint marabout, qui, d’après la tradition, y serait resté quelques jours en prière. Les gouâfel (caravanes), pour le Gourâra ne manquent pas de s’y arrêter et d’y ramasser de la terre dont ils saupoudrent le dos de leurs chameaux, pour les rantir contre les blessures provenant habituellement du bât ou de charges exagérées. Nous nous sommes étendu sur toutes ces croyances pour donner une idée de l’influence religieuse que doit exercer un tel saint, surtout lorsqu’il peut justifier d’une origine aussi illustree que celle dont il s'énorgueillit NOTA : les photos n'ont aucun lien avec la rubrique c'est moi mème qui les aient incorporées
1. bouderga Le 12/10/2007 à 00:37
2. أبوبكر -ح Le 23/12/2007 à 19:14