

MOHAMED BELKHEIR

Mohamed Belkheir est né sous la tente , dans la tribu des Rzeigat ( El-Bayadh ).
Des vieillards qui l’avaient vu à la fin du dix huitième siècle alors qu’ils avaient huit
à dix ans estimaient son âge à soixante dix ans environ et situaient sa mort vers 1905 ,
nous n’en savons pazs plus.
Il n’était pas baron, comme Guillaume IX , le premier troubadour de France.
Il appartenait au peuple , avait partagé ses passions et ses colères. Quel poète n’a pas
chanté l’amour ? Mais Belkheir savait manier le langage du cœur et celui de l’épée.
Que devons nous retenir , ses prières ou son combat ?
corps, dans un petit cimetière éloigné des chemins, sera à peine visible, car le soleil comme
la pluie l’ont tour à tour écrasée. De temps en temps un cavalier fredonnera un refrain de Belkheir
puis s’arrêtera et , fidele à une habitude devenue tradition , plantera un rameau sur la tombe
ou bien , du creux de ses mains , y jettera un peu d’eau
Emigrés au Maroc1

Qui délivre l’otage des roumis,
Par Dieu aide-moi.
Sid Cheikh le saint des saints, le chevalier ;
Mon état ni mes supplications ne t’ont ému.
J’erre parmi les gens de l’insouciance,
Entre berbères, gens du Guir et du Tell 2,
Je serai leur risée et tu recevras les reproches.
Ils partis et je suis resté,
Triste, me souvenant des miens.
Tantôt la nuit est clair de lune scintillant,
Tantôt ténèbres sans étoiles.
J’attends de Dieu ma saison ;
Périssable est la fortune des puissants ;
J’ai émigré et ne regrette rien.
Qui a des témoins verra le salut.
Sur la balance tu prends ma mesure,
Quelque soit le prix, j’en vaux plus ;
Vendre son affranchi serait la honte du sage.
Je vis à présent au pays de Moulay Ali 3,
Protégé du saint et du sultan
Patron de la porte Ouest,
Marché du vieux Fès.

Là qui achète épargne et ne dépense.
Voix haute du muezzin appelant
Par-dessus les remparts, qui profondément dort.
Seaux d’eaux et ablutions, c’est l’heure de la prière :
Est élu qui se lève à temps.
Tant d’offrandes au saint !
Etalons parés, manteaux tissés,
Chamelles racées, reflets rouges,
Chameau écumant portant collier,
Tantôt éclaireur, tantôt à l’arrière,
Tantôt joie, tantôt deuil.

Devant, les pieds entament la marche,
derrière ils la soutiennent.
Leur jeu, de pas en pas, devient course.
Sur le flanc, tache blanche et grise,
Selle dorée, pleine parure.
Je suis seul loin des miens ;
Derrière les crêtes ont disparu les cavaliers.
Ksel et filali 4 sont-ils comparables ?
Naguère, l’oiseau fidèle venait planant ;
Nourritures du pauvre au bout de la nuit :
Les coursiers portaient le repas.
Là-bas , je faisais rouler à terre mes chevaux
Et ma monture attendait l’arrivée des goums.
A vive allure, les cavaliers par groupes se succédaient
A la faveur des salves répétées, nuages de baroud ;
Des vapeurs me grisaient,
Et mon cheval caracolait, danseur illuminé Tous les poèmes qui suivent ont été receuillis et traduits par Monsieur BOUALEM BESSAIH
1. Après avoir émigré au Tafilalet (Sud –marocain) ,Belkheir crée ce poème .
Il entretient le moral des goums et tempère leur impatience
2. Gens du oued guir prés de Bechar , à la frontière algero marocaine
3. Sultan du Maroc
4. Ksel : montagne à dix km d’El-Bayadh : Filali : dimunitif de Tafilalet
* Gardez l'oeil sur cette page d'autres poèmes suivront
Avertissement :Comme vous pouvez le deviner toutes les photos anciennes ici présentes sont la propriété absolue de leurs auteurs et dont nous sommes infiniment reconnaissants
Poèmes d'amour de Mohamed Belkheir , cliquez ici
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1. Kamel B Le 09/10/2009 à 11:23
2. Noureddine ( webmestre Nostalgie ) Le 09/10/2009 à 14:45
3. TAHRI Tahar Le 21/10/2009 à 16:52
4. Noureddine ( webmestre Nostalgie ) Le 21/10/2009 à 23:11