
LES KSOURS DES ARBAOUAT

C’est par une journée hivernale avec comme toile de fond un ciel bleu azur que je reprends cette
fois ci ma route vers les ksours des Arbaouet ( El-abiodh sid cheikh ) , région tout aussi pleine de
vestiges et de légendes , il faisait froid à notre départ , le gel de la nuit y est pour beaucoups , à
travers les vitres embuées de notre véhicule , j’éssayais tant bien que mal de contempler ces
immenses contrées solitaires , malheureusement le paysage a beaucoups changé suite à des années
de secheresse ; de grands ergs de sable se sont formés suite à la disparition du tapis végétal que
constituait l’alfa.
La région est faite de longs plateaux arides dès que nous traversâmes la petite localité d’Aine
el orak , le climat s’est de plus en plus adouci et les prémices d’un printemps précoce suite aux
pluies automnales bienfaisantes se faisaient déjà sentir et plus loin se dréssait devant moi et en
point de mire le magnifique djebel « Bounocta » , par le passé cette majestueuse montagne était
couverte de broussailles , de genevriers et de chênes verts et du temps de sa splendeur comptait
une grande colonnie d’aroui ( mouflons) et bien d’autres cervidés et d’animaux sauvages qui ont
tous connu par la suite une fin fatale ( disparition quasi-totale)suite à une chasse intensive et à
bien d’autres facteurs.

Arrivé aux Arbaouet non sans embuches vu l’état de la route en dégradation totale, ajouter à cela
les pluies torrentielles qu’a connu la région je fus frapper par la beauté des djenanes constitués de
palmiers , d’abricotiers et de grenadiers et m’y enfonçais à l’intérieur de ces petites oasis , toute la
nature était en ébulition et des jolies petites fleurs aux couleurs vives commençaient déjà à se frayer
un chemin au milieu des djenanes , le tout était égayé par le cri strident et non moins beau chant
d’alouettes suivi de roucoulements de tourterelles , ce qui a retenu mon attention c’est la beauté de
l’ancien ksar situé en amont des vergers fait de couleur terre se confondant et se mouvant
merveilleusement bien avec les paysages environnants , malheureusement je n’eux pas le privilége
de visiter ces magnifiques ksours qui étaient fermés pour cause de rénovation.
Sur les petits versants qui longent les djenanes , plusieurs kouba ( mausolées ) sont érigés en hommage
aux saints qui ont fait l’histoire de ces ksours
On rapporte que la construction du ksar d’Arba tahtani remonte au quatorzième siècle et c’est à
cette époque me fait on savoir que le saint Sidi maâmar ben alia , chassé de Tunis par son frére pour
je ne sais quelle raison vint s’établir en ces contrées lointaines et inconnues ; il fonda une famille et ce
sont par la suite ses enfants qui construisirent le ksar connu sous le nom de Ksar charef ( vieux ksar )
Plus tard me fait on savoir des querelles internes et familiales sindèrent cette communauté en deux
clans à savoir :
- Les ouled Said
- et les ouled Aissa
On rapporte que ces derniers furent
vaincus et furent chassés ; ils trouvèrent
refuge dans le tell et plus précisement sur les rives d’oued Taghia ( Mascara )
Après leur départ , une horde sauvage qui infestait la région à savoir les
Zeghdou ( voir rubrique ksar d’El-ghassoul ) y fit irruption dans le ksar pour le piller et le saccager complètement par la suite , les ouled said diminués en nombre s’enfuirent et trouvent refuge dans les montagnes avoisinantes
Le pourquoi de ces deux ksours distants l’un de l’autre de seulement deux kilometres ( Arba tahtahtani
et Arba Fougani ) , la raison est la suivante : Après la tragédie su citée entre les deux communautés , un
saint personnage du nom de Sidi slimane bousmaha déscendant du grand Sidi maâmar ben alia , fit venir
du tell les ouled Aissa et éssaya tant bien que mal de rétablir la concorde et la paix entre les freres énnemis , mais craignant une fois de plus une discorde fit élever à ses protégés un ksar identique à celui de leurs rivaux
à un kilometre en amont et qui prit le nom d’Arba el fougani et qui garde cette appelation jusqu’à nos jours et par opposition à celui des Ouled said par le nom d’Arba tahtani
Et c’est à la fin de ce récit qui me fut conter par un vieux personnage que je repris le chemin du retour non
sans amertume et quittais ces lieux magiques si chers à mon cœur.
TOUMI Noureddine
Le 13 fevrier 2009

1. fouka ( dont le nom vient de foukani) Le 05/04/2009 à 23:47
2. Noureddine ( webmestre Nostalgie ) Le 06/04/2009 à 12:02
3. benkhedda Le 09/04/2009 à 22:32
4. Noureddine ( webmestre Nostalgie ) Le 09/04/2009 à 23:41
5. Affane Farid Le 28/09/2009 à 18:46